« Le Vent dans les Saules » : un conte (pas que) pour les enfants

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Le mois de novembre et le froid s’immisçant un peu trop rapidement à mon goût, j’ai récemment ressenti le besoin d’une lecture légère, me permettant de m’échapper quelques instants de la grisaille. Le Vent dans les Saules, gentiment prêté par mon frère, m’est apparue comme la solution idéale et je me lançais donc avec plaisir dans cette lecture fleurant bon la campagne anglaise et le printemps.


Ça parle de quoi ?

C’est l’histoire de M. Taupe qui, intrépide qu’il est, part à l’aventure, loin de son terrier douillet. Suite à sa rencontre avec l’amical et espiègle M. Rat, nous le suivrons dans de nombreuses péripéties. Au programme : un Crapaud sacrément gonflé d’orgueil, un Blaireau incarnant la sagesse même, des Belettes sans foi ni loi…

Bon ok, là vous vous commencez à vous demander où vos pas vous ont mené et s’il ne vaudrait pas mieux pour vous de passer votre chemin.

Au premier coup d’œil on pourrvent_saules1ait en effet reprocher à ce roman une certaine naïveté enfantine, réservée à la table de chevet de nos petites têtes blondes. Néanmoins, « Le Vent dans les saules » mériterait sa place sur notre étagère « à-ne-surtout-pas-manquer-quelque-soit-l’âge ». Déjà considéré comme un grand classique de la littérature anglo-saxonne, ce récit est une pépite littéraire où chaque chapitre souligne une particularité de l’âme humaine (souvent aux nombreux travers), mettant sur un piédestal l’amitié, l’humilité, l’honnêteté et le cycle de la vie.

En revêtant les traits, habitudes et coutumes de notre société, nos compères à poils nous livrent avec sensibilité et légèreté leurs aventures, parmi lesquelles je garderai notamment en mémoire celles de M. Crapaud, aristo têtu comme une mule, omnibulé par les voitures de course et aux tendances criminelles virant à la mégalomanie (vous voyez le personnage…).

Alors, on le lit ou pas ?

J’ai pris énormément de plaisir à dévorer ces 200 pages au gré desquelles Kenneth Grahame jour en finesse avec cet univers magique et nostalgique, nous rappelant le bonheur de vivre et des choses simples.

Cette lecture n’est cependant pas à prendre au premier degré, au risque de trouver rapidement le temps long et le récit sans grand intérêt.Je la recommanderai donc à toute personne ayant encore un peu de son âme d’enfant et souhaitant, le temps d’une balade en canot le long de La Rivière, s’échapper quelques instants en compagnie de personnages attachants et pas si bêtes que ça.

Le Vent dans les Saules

Un petit extrait pour la route ?

Suite à une nouvelle mésaventure, M. Taupe retrouve son ancien terrier, laissé à l’abandon depuis sa rencontre avec M. Rat. Remonte alors en lui une vague de souvenirs et de nostalgie qui le pousse à reprendre possession des lieux.

Ils eurent besoin de tout leur courage pour la dernière partie du chemin, celui qui les conduit chez eux, celui qui forcément prendra fin tôt ou tard avec le bruit d’un loquet qui s’ouvre le flamboiement du feu de cheminée, l’apparition des objets qu’on connaît bien et qui nous accueillent comme au retour d’un long voyage au delà des mers. […] Humble et modeste et pauvrement meublée, elle n’en était pas moins sa maison à lui, celle qu’il s’était faite, et qu’il était si heureux de retrouver après sa journée de travail. Et la maison avait été heureuse de l’avoir elle aussi, puisqu’il lui manquait et qu’elle le rappelait tristement et avec une pointe de reproche, mais sans amertume ni colère, qu’elle était là et qu’elle avait besoin de lui.

Ce passage m’a marqué de par sa description sensible de l’attachement éprouvé envers un lieu chéri. « Home sweet home » prend ici tout son sens et je n’avais plus qu’une envie : rentrer au plus vite chez moi, m’enfouir sous un plaid avec un bon thé et m’exclamer dans un soupir de bien-être « Aaaah, on est bien à la maison ! »… à croire que cette lecture aura même laissé en moi une part de M. Taupe.

Ma note : 8/10

A lire tranquillement chez soi, au chaud, avec un thé vert aux notes fleuries.

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