Dernières lectures #1 : un mois de novembre riche en émotions

Dernières lectures #1

Le mois de novembre se fini et il me semble que ce dernier est passé à une vitesse vertigineuse : nous voilà à deux doigts de décembre, les fêtes de fin d’année approchent à grands pas, la course aux cadeaux va bientôt commencer et les magasins s’illuminent pour célébrer Noël.

Ce mois-ci j’avais le choix entre de très nombreuses lectures toutes aussi différentes les unes que les autres. Ma PAL ne cessant d’augmenter, il m’est de plus en plus difficile de faire mon choix lorsque je finis une lecture mais j’ai tout de même réussi à me fixer sur trois ouvrages prêtés récemment par mon frère. Je n’ai pas du tout été déçue de mon choix, ces trois livres m’ayant comblé par leur style littéraire complètement opposé, leur histoire passionnante et bien ficelée ainsi que la portée de chacune sur moi. Voici une courte critique de chacun de ces romans, il m’a été difficile d’arriver à faire un condensé tellement je les ai apprécié. J’inaugure donc cette catégorie « Dernières Lectures » en fanfare et en compagnie de trois grands maîtres de la littérature que je vous empresse de découvrir !

Dernières lectures #1 : Le Vent dans les Saules

Le Vent dans les Saules de Kenneth Grahame

Je vous en parlais dernièrement dans mon article critique au début du mois : ce doux roman est l’un de mes coups de coeur de cette fin d’année (rien que ça) ! Ce roman mêle avec finesse et perfection l’insouciance et la nostalgie, sous la forme d’un conte pour enfant que j’ai se lu avec tendresse. Nous suivons les (més)aventures de M. Taupe, découvrant un tout nouveau monde bien lointain de celui qu’il connaissait au fond de son terrier. Il fera ainsi l’heureuse rencontre de M. Rat, qui deviendra son fidèle compagnon, M. Crapaud aux lubies démesurément dangereuse et M. Blaireau le grand sage de cette troupe.

Ne vous laissez pas méprendre pas le caractère assez infantile de ce conte qui brosse en fait un portrait parfait de notre société, de ses travers mais aussi de ses très bons côtés.  Voici donc un conte que nous pouvons lire de deux façons : à la légère, comme un petit péché mignon afin de faire une pause dans une lecture un peu trop hasardeuse ou bien de manière plus approfondie dans le but de réapprendre le plaisir de vivre simplement au travers des aventures de ces animaux pas si bêtes que ça.

Pour l’heure, l’invisible était tout, l’inconnu la seule vérité.

Ma note : 8/10


Dernières lectures #1 : Jan Karski

Jan Karski de Yannicj Haenel

Ils savaient. Les Alliés savaient mais n’ont rien fait… pourquoi ? Telle est la question que ne cesse de nous poser Yannick Haenel tout au long de son roman retraçant le parcours de Jan Karski, résistant polonais et messager de l’Armée polonaise. Lorsqu’il rencontre deux hommes en 1942 qui le font entrer dans le ghetto de Varsovie, Jan Karski est marqué au fer blanc par la situation des Juifs d’Europe. Muni d’un appel au secours à délivrer coûte que coûte à tous les Alliés, Jan Karski risque sa vie (torture, clandestinité, camp de concentration…) pour délivrer ce message qui ne sera pourtant jamais entendu.

L’histoire de Karski dénonce l’erreur collective des Alliés par rapport à l’Holocauste : face à l’horreur décrite par ce messager, Roosevelt et Anthony Eden font la sourde oreille, la stratégie de guerre des Alliés est et restera militaire, le « problème juif » ne pouvant pas contre-carrer la victoire certaine des forces Alliées. Le roman fit forte polémique lors de sa sortie notamment sur sa dernière partie sortant des sentiers battus du témoignage, pour entrer dans la fiction où l’auteur se met dans la peau de Karski. C’est néanmoins cette partie qui est la plus intéressante : en un flot continu de mots, Karski exprime sa colère et sa frustration ainsi que sa douleur face à sa mission non accomplie. Il ne parle plus ici de crime contre l’Humanité mais du « crime de l’Humanité ».

J’ai énormément apprécié le style très journaliste du texte : direct, voire tranchant, ne laissant aucune place aux sentiments, seule la dure et triste vérité compte. Voici donc de magnifiques pages faisant acte de mémoire et donnant à réfléchir que je recommande non pas forcément à tout passionné d’Histoire mais à toute personne souhaitant savoir ce que veut dire « être Polonais et résistant ».

Car les hommes n’agissent que selon leur intérêt ; et précisément il n’était dans l’intérêt de personne de sauver les Juifs d’Europe, si bien que personne ne les a sauvés. Pire : le consensus anglo-américain masquait un intérêt commun contre les Juifs. J’ai compris cela bien plus tard, car les vérités honteuses sont toujours à retardement. Ni les Anglais ni les Américains ne voulaient venir en aide aux Juifs d’Europe, parce qu’ils craignaient d’être obligés de les accueillir. […] A force j’ai compris qu’il y avait quelque chose d’intransmissible dans ce message, quelque chose qu’on ne pouvait pas entendre et qui peut être ne sera jamais entendu.

Ma note : 8/10


Dernières lectures #1 : La Troisième Balle

La Troisième Balle de Leo Perutz

XVIème siècle, Charles Quint a pour ambition d’unifier la Chrétienté. Pour affermir son pouvoir face à de nombreuses révoltes, il envoie Hernán Cortés conquérir le Nouveau Monde pour en ramener l’or des Aztèques. Nous voici embarqués dans un récit mêlant faits historiques, tragédie, passion, imaginaire et superstition, pour notre plus grand plaisir.

Franz Grumbach est le personnage que nous allons suivre : un allemand rebelle qui avait pour objectif de s’opposer à l’expansion de Charles Quint et qui, optionnellement, n’avait à sa disposition qu’une arquebuse et trois balles. Autant dire que cet homme était un optimiste.  La première balle devait être destinée à Hernán Cortés, la deuxième au duc de Mendoza, quant à la troisième balle… là, le mystère reste entier.

J’ai beaucoup apprécié ce premier roman de Leo Perutz qui nous plonge dans le destin tragique de ces personnages assoiffés de richesses et de conquête, aveuglés par leur fanatisme, et soutenus par le Diable en personne. Si vous aviez des doutes sur la possibilité d’échapper à son destin, ce livre vous convaincra du contraire ! Le seule point noir que je puisse lui trouver est quil est dur de réellement s’attacher aux personnages. Nous devons en effet nous satisfaire de descriptions de la part de l’auteur, le côté humain et émotionnel n’étant pas réellement approfondis, notamment pour le personnage principal de Franz. Ce livre n’en reste pas moins une lecture fascinante et je le recommande à tous ceux souhaitant se plonger dans une légende du Nouveau Monde aux effluves mystiques et au suspens poignant.
J’en arrive maintenant aux événements survenus au cours d’une nuit où toutes les portes de l’enfer étaient grandes ouvertes. On l’appelle la Nuit triste. Et vous êtes certainement encore nombreux à vous en souvenir de ce qui est arrivé à Cortez et à l’armée espagnole, et vous savez pourquoi nous l’appelons la Nuit triste.
Ma note : 7/10

 

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